Let it slow, let it slow, let it slow !

Saint-Nicolas – Noël, etcetera
Trois alternatives à l’orgie
des cadeaux onéreux et inutiles de fin d’année

Cher ami·e, cher lecteur-trice,


Si tu traines devant ces lignes, c’est probablement parce que tu meurs d’ennui, ou que tu n’as rien de mieux à faire. Ou que tu procrastines. Ou que tu as besoin de fuir la réalité, et cet article te réjouis davantage que le rapport annuel à rédiger pour il y a deux jours ou les pleurs de ton rejeton qui t’attend à la crèche. Pas de jugement. Je te remercie d’être ici plutôt que de scroller sur mama-zone.fr ou leroidujoujou.net à la recherche de trucs pas chers et qui cassent vite, à ranger dans la chambre de tes enfants pour qu’ils te fichent la paix quelques heures.


Ne rien faire, et n’en avoir rien à faire.

Noir, désespoir, faillite et gros cafard

Bientôt St Nicolas et Père Fouettard

Puis Noël et ses airs ringards

Super !


Voici le mantra de l’automne mourant, des fêtes sans boites de nuit, des nuits interminables, et des jours plus monotones encore que les carrés blancs sur fond blanc de Malevitch. Hymne de la cov… plus toxique qu’un pervers narcissique. N’en parlons plus. Chanson de la dèche énergétique : à chaque kilomètre parcouru en bagnole, à chaque chicon au gratin ou machine de blancs, c’est notre portefeuille qui vomit toute notre fortune, du moins le peu qu’il en reste après les courses à Cora. Et il faudrait en plus gâter les gosses le 6 décembre et gratter dans les économies pour ménager la susceptibilité de tous ceux qui croient encore en la magie de Noël ? Télétravail, revieeeent ! Je préfèrerais crever de solitude qu’intoxiquée par la grisaille des mauvaises nouvelles qui sort de la bouche des uns et de l’entrain mal simulé des autres à l’idée de s’empiffrer de spéculoos et d’installer la crèche !


Novembre est probablement un des mois les plus déprimants de l’année. Heureusement, vous pouvez compter sur moi pour attirer votre attention sur les vrais prétextes de joie à venir :


27 novembre : Journée mondiale sans Achats : Profitons-en pour vider les armoires avant de tomber dans la débauche du shopping compulsif de fin d’année.


30 novembre : Journée mondiale de la générosité : trop tôt pour se débarrasser des brols inutiles reçus à Noël ou Nouvel an. Par contre, c’est l’occasion de laisser incognito un joli cadeau devant la porte de cet amour désespéré qu’on n’ose pas approcher en temps normal. Timides, cette journée est pour vous ! Rien ne vaut la discrétion quand on choisit de faire un geste généreux, surtout s’il est intéressé ou sert à gonfler notre amour-propre.


6 décembre : L’arrivée du Grand Saint et l’éternelle, traditionnelle et cruciale question « Arrivera-t-il à passer dans la cheminée alors que l’obésité gagne un peu plus de terrain chaque année ?


8 décembre : Journée mondiale du Climat : Haut les cœurs !


14 décembre : Journée mondiale de rien du tout : Espérons que les médias se mettent au diapason pour nous parler de rien, et surtout pas de tout le reste.


21 décembre : Journée mondiale de l’Orgasme : Pour prendre son pied sans se faire enguirlander, pour accrocher les boules (au sapin) si ce n’est fait.


24 décembre – 1er janvier : Mince… vous êtes à la bourre, pas de cadeau pour tante Simone… même si les livreurs sous-payés travaillent 25h sur 24 en risquant la cystite en se retenant d’aller faire pipi. Le dernier Musso n’arrivera jamais à temps dans votre boîte aux lettres. Heureusement pour vous, il existe des alternatives. On en parle ?




Pas de cadeau !

Pas que vous n’aimez pas tante Simone. Mais elle vous le répète sans cesse, elle n’a besoin de rien. Et vous n’avez pas d’idée, pas trop de sous. Pas grave !

De plus en plus de familles se mettent d’accord : on fait l’impasse sur les cadeaux. Parce que ce qui compte, c’est d’être ensemble, c’est de pouvoir compter les uns sur les autres, c’est le petit coup de fil inattendu ou le service rendu quand on en a vraiment besoin.


Ça évite de remplir les armoires (des autres) avec des choses qui ne leur feront pas vraiment plaisir, c’est bon pour la planète, le portemonnaie, la santé du dos des livreurs, la qualité de la relation avec vos proches.


Je pourrais m’arrêter à ce conseil, mais je sais que nous sommes encore nombreux à être attachés à cette tradition du « don », passons donc aux deux autres alternatives.


Le cadeau fait main… ou immatériel

Vous aimez pâtisser ? dessiner ? écrire ? créer ?


C’est l’occasion de joindre l’agréable à l’utile. Je suis persuadée que tante Simone sera ravie de gouter à vos petits sablés au citron (s’ils ne sont pas trop durs, sinon aïe le dentier). Une simple carte réalisée avec les enfants, ou grâce à vos talents de peinture à l’eau, avec un petit mot personnalisé, un extrait de poésie, ou une blague bien salace pour les aigris du Djingle bell… Ça fait toujours plaisir.


Attention toutefois ! Évitez les bidules faits-maison à la taille démesurée (du style une sculpture vous représentant en rouleaux de papier cul d’1m x 2m) ou qui risquent de gêner le malheureux bénéficiaire de votre cadeau (comme une robe cousue main en tulle-wax-similicuir imprimé python que tata Simone doit ABSOLUMENT porter ce soir et chaque fois que vous irez lui rendre visite). Sauf si vous détestez cette personne, dans ce cas, vous devriez peut-être porter un regard introspectif, attentif et critique sur la manière dont vous utilisez vos ressources et votre énergie créative.


Pas le temps, pas l’envie de créer ? Reste le cadeau le plus rapide à l’instant T… un bon pour…


- Un service (Tata Simone serait ravie que vous promeniez son chien une fois par semaine, si si… )

- Un moment « commérage-rosé-cacahouètes » (ce sera court, le rosé la fait dormir)

- Un café dans un bar de bobo, ou une tasse de Ricorée dans sa cuisine rétro

- Une sortie au musée, au cinéma, au théâtre, à la piscine ou au parc

- Une balade découverte dans un coin de nature inexploré

- Une partie de jambes en l’air dans un lieu mystérieux (peut-être à éviter avec votre tata)

- Etc.


Astuce pour ne pas vous ruiner : éviter les bons vendus en magasin… l’important, c’est surtout la convivialité, le temps consacré à l’autre, et le plaisir partagé.


Toujours pas convaincus ? Vous avez envie d’offrir un « vrai » cadeau à cette personne spéciale qui prend une place si particulière dans votre vie ? Si c’est le cas, vous êtes probablement déjà en train de chercher la petite perle.


Un produit ou une oeuvre de créateur/producteur local

Pour la qualité et le service de proximité


Le créateur/producteur saura vous conseiller, vous guider. Il connait ses produits, il pourra vous raconter leur histoire et ce qui en fait un cadeau exceptionnel.


Sans compter que si tata Simone a pris du menton avant même la galette des Rois, et que ce magnifique pendentif « origami » fait plus « laisse » que « sautoir » autour de son cou, ou si la maladroite le casse en enlevant sa gaine… vous pourrez toujours retrouver le créateur pour une réparation ou trouver une alternative à votre achat, ou un complément.


Parce que ses produits sont rares… voire uniques


Et qu’y-a-t ’il de mieux pour (se) faire plaisir, combler une personne qui est unique à nos yeux ? L’artisan ne fait pas de travail à la chaine, ses productions seront rares, et donc parfois un peu plus chères (pas toujours !), mais si vous optez pour du SLOW-shopping cette année, vous pouvez vous permettre de mettre quelques euros de plus pour cette création, ce produit de bouche si spécial.


Pour soutenir l’économie locale de votre pays


Parce que oui, les géants chinois, américains ou suédois… c’est une solution facile, mais qu’on retrouve dans tous nos foyers. Et croyez-moi, ils ont besoin de vous pour dominer le monde. Acheter à un petit créateur, c’est faire un doigt d’honneur aux grands profiteurs de cette planète, à ceux qui au nom du profit ne se gênent pas pour exploiter la terre ou des travailleurs sous-payés ou, ou, ou… Choisir où l’on place son argent, c’est plus efficace que de se rendre aux urnes pour choisir dans quelle société on souhaite vivre. Acheter local, c’est stimuler l’économie de son pays, c’est mettre en valeur les (nombreux) talents locaux, c’est participer à faire vivre le patrimoine local. Et damned, c’est bon !


Parce qu’il ne fait pas travailler les enfants à 1 € la semaine


Souvent il travaille seul. Il connait la valeur de son travail… et de celui de ses collaborateurs, voire de ses fournisseurs. Promis, le risque de retrouver du sang d’enfants ou d’ouvrières exploitées au bout du monde est drastiquement réduit.


Parce que souvent… c’est milieuvriendelijk une fois !


Eh bien oui, à une flopée de jours de la journée pour le climat, il me semble important de rappeler qu’acheter local, c’est du kérosène en moins au-dessus de nos têtes, et rien que ça, ça vaut le petit effort de chercher d’abord près de chez soi ce qui est à portée de clic.



Une vraie bonne nouvelle pour terminer cet article ?

Pour les plus fainéants d’entre vous, j’ai créé des minibons à télécharger gratuitement par ici. Vous pourrez les modifier selon vos humeurs, les imprimer et les placer devant la cheminée ou sous le sapin. Vous les roulez et les maintenez avec un joli bout de ficelle et le tour est joué !


J'en profite aussi pour vous glisser sans la moindre discrétion le lien vous permettant de dénicher des cartes de voeux, un calendrier ou de douces illustrations réalisées avec amour. Et vous savez-quoi ? Comme par hasard, elles sont made in chez nous. N'hésitez pas à aller y déposer les yeux. C'est par ici.


On se retrouve le mois prochain !


Hélène

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