Créativité : Des pistes pour la stimuler en se replongeant dans notre enfance

Le mois d’avril, quel délice !


Il signe le retour timide du soleil, puis des giboulées pour nous sommer de remettre notre plus belle veste légère au placard pour quelques semaines. Le printemps, ses fleurs et ses allergies, les poissons d’un goût douteux mais qu’on aime quand même (si si, même vous qui ne riez de rien encore moins d’un dessin crasseux collé dans le dos). Les chasses aux œufs et ses crises de foie, les gosses qu’on se farcit deux semaines à la maison - ah non, pardon, cette année ce sera trois, et on limite les stages s’il-vous-plaît. Puis il y a ce fichu changement d’heure dont on ne s’est toujours pas remis et les promesses d’apéro avec les copains en terrasse, auxquelles on doit renoncer à moins d’être un anar’. Promis, je ne le dirai pas à la police.


Avec la montée de la sève, les boutons boutonnant et les bourgeons bourgeonnant, je sais pas vous, mais moi, ça me chatouille de partout. J’ai la bougeotte, l’envie de changer d’air, de faire place au n’œuf (de Pâques), de créer, de respirer, de prendre le large du train-train quotidien (mais pas en train, la SNCB est au bout de sa vie (faites au moins semblant de rire)), ou de prendre des verres de liquides inconnus, juste pour voir ce que ça me fait. De changer la déco de la maison sans passer par la caisse d’un magasin, de tester des recettes, de jouer, de dessiner autrement, bref, d’amener un peu de fun à ma vie. Oui, mais quoi ? et surtout comment ?


En tant qu’illustratrice, trouver des idées, l’inspiration, être créative est une compétence indispensable à développer. Et quand ça sèche, on doit se débrouiller pour arroser notre feuille coûte que coûte. Sans prétendre être une experte en la matière, les quelques années d’expérience de la page blanche m’ont permis de développer des outils pour stimuler le nerf de la créativité. En ce mois d’avril, j’ai donc envie de partager avec vous quelques antisèches spéciales « retour en enfance », garantis sans lapins gnangnan, sans poussin jaune dégueulasse, sans gluten et sans lactose. Créateurs, créatrices, illustrateurs, illustratrices, potiers, écrivains, musiciens, cet article est pour vous. Mais n’ayez crainte, vous, les autres (oui, même les glandeurs et les végans), tout le monde peut s’inspirer des propositions que je m’apprête à vous faire pour créer, rêver ou apporter une petite note de douceur au quotidien. Et vu qu’on doit toujours montrer l’exemple, je vous partagerai quelques gribouilles nées de ces conseils (photos compromettantes à la clé, profitez-en, ça n’arrivera pas deux fois… j’espère).


C’est parti !


Les Madeleines de Proust


Ces odeurs, goûts, objets, sons qui nous évoquent des souvenirs émouvants…

Quelles sont vos madeleines de Proust ?

Une menthe à l’eau qui vous rappelle un voyage ? Le tintement d’une cloche d’école ? Le parfum du cramique de votre grand-mère ?


Notez-en quelques-unes sur un morceau de papier, et promettez-vous de vous en faire revivre une, en pleine conscience, dans la semaine à venir. Allez manger cette glace à la pistache, ou plonger vos pieds dans un ruisseau, allumez un cigare qui vous rappelle votre tonton George (sans le fumer) ou écoutez l’intégral d’Emilie Jolie, même si c’est super ringard et que ça fait râler toute la tribu qui déloge pas de chez vous.


Créateurs-créatrices : Racontez-la en musique, en peinture, en poésie, faites nous ressentir ce qui vous traverse lorsque vous dégustez votre madeleine.


La Madeleine d’Hélène (même que ça rime) : Quand j’étais petite (plus que maintenant), je passais au moins autant de temps chez mes grands-parents qu’à la maison. J’y étais tranquille, et chez papi et mami, on s’occupait avec rien. Tous les matins, ils lisaient le Vers l’avenir (ils le font toujours, d’ailleurs), et les journaux s’empilaient. Du coup, mamie a organisé plusieurs fois pour ses petits-enfants, des ateliers de création de chapeau en papier journal, ornés de plantes et fleurs du jardin. Un délicieux souvenir de partage qui m’a inspiré une illustration, et fait beaucoup rire en retrouvant des photos des créateurs en herbe posant fièrement leur œuvre sur la tête.



Les jeux d’enfants et autres rêveries inutiles


Les enfants ont ce talent de ne pas se soucier de l’utilité de leurs activités, de leurs jeux. Ils veulent prendre du plaisir, alors que nombreux d’entre nous, adultes, ressentent ce besoin pressant de rentabiliser notre temps. En prenant conscience qu’il passe et qu’il est précieux, finalement, on a perdu l’insouciance et le goût de le savourer.


Quels étaient vos jeux d’enfants ? Comment perdiez-vous votre temps à ne rien faire ?

Était-ce en dessinant des marelles, en trouvant des formes dans les nuages, en observant les bêbêtes dans les brins d’herbe, en jouant à la dînette ou en bâtissant d’énormes constructions en Kapla pour le plaisir de les détruire juste après ?


Ces activités gratuites et en apparence bien futiles, sont des sources inépuisables pour cultiver le plaisir et l’imaginaire. Pour nourrir l’artiste et l’humain que nous sommes. Je vous invite donc à ressortir vos jeux de jeunesse ou les activités qui vous faisaient du bien, et à vous y atteler avec le sérieux d’un enfant.


Créateurs - créatrices : Prenez une heure (ou plus) pour jouer-rêver-construire comme un enfant, sans jugement, juste pour le PLAISIR. Une fois bien installé dans ce flow de spontanéité, attelez-vous à la création en restant dans cette énergie. Reproduisez la soupe à la boue de votre enfance version gastronomique, sculptez une œuvre à la manière d’un château de cartes, écrivez de la poésie à deux balles, sortez vos ciseaux, des magazines et vos crayons pour dessiner la robe de vos rêves, bref créez. Peu importe le résultat, prenez du plaisir à faire du gratuit, à inventer, à tester l’improbable et le naïf. Vous pourriez bien être surpris.


Ma démarche :


J’ai triché ! J’ai retrouvé ce livre de dessin conçu par Quentin Blake et John Cassidy dans lequel je me suis plongée des dizaines de fois étant gamine. J’ai scanné quelques pages, gardé les versions de mon enfance puis recommencé l’exercice avec mes crayons d’aujourd’hui, mais en réactivant mon cœur de petite fille. J’ai été surprise des jugements que je m’auto-infligeais au départ, mais après quelques pages, quelque chose s’est détendu. Plus d'attente de résultat, juste le plaisir coupable de me défouler sur la feuille et de tester autre chose ! Je crois que je vais m’atteler à refaire tout le bouquin.


A 9 ans ... puis à 30 ans :-)


Rouvrir ses vieux livres, ressortir ses VHS (ou tricher en optant pour du streaming)


Quels étaient vos goûts cinématographiques et littéraires étant petits ?

Avez-vous gardé vos livres et dessin-animés ?


Et si on s’accordait des soirées « nostalgie » en se regardant « Le petit dinosaure », « Blabla » ou « les barbapapa », selon la génération. Et si on fouillait dans ses vieux livres, les « Martine », « Marsupilami » ou autres petites perles qui vous aidaient à dormir le soir ? Qu’est-ce que ça éveille en vous ? Quel est votre regard de grand sur ces œuvres dont vous raffoliez enfant ?


Créateurs-créatrices : Choisissez une image d’un livre ou d’un film qui a marqué votre enfance. A partir de cette image, créez quelque chose : une mélodie pour l’accompagner si vous êtes musicien, une histoire nouvelle ou un menu gastronomique pour ce personnage que vous affectionniez tant, un fan-art, une image qui s’inspire des couleurs ou de l’atmosphère de l’œuvre choisie. Bref, adaptez l’exercice à votre discipline de prédilection.


Ma démarche :

Je me suis replongée dans mes livres « jeunesse », pas de MA jeunesse car je ne les ai plus, mais en grande passionnée, j’en ai toute une collection à la maison. Dans mes fouilles, j’ai retrouvé « Kako le terrible » de Barroux et Emanuelle Polack. Ce livre raconte une histoire vraie, un fait divers terrible à propos d’un hippopotame et de son dresseur.

Techniquement, on retrouve un mélange très réussi de collage, peinture, dessin au crayon.


J’ai donc décidé de reproduire la démarche (illustrer un fait divers) et la technique. A découvrir bientôt !


Les photos, modes et autres perles rétros


Je me suis replongée dans de vieilles photos, et saperlipopette, y’a de quoi faire couler de l’encre. Entre les costumes de carnaval, et les vraies tenues dont nos parents nous accoutraient… la différence n’est pas toujours flagrante. Il y a aussi ces petites robes, pulls à col roulé et objets perdus qui avec le temps, reviennent au goût du jour ou dégagent une certaine poésie rétro : pensez au walkman, au jukebox, aux bijoux de vos grands-mères.

Ressortez vos vieux clichés, qu’est-ce que ça vous inspire ?

L’envie d’inviter cet ami d’enfance perdu de vue ? D’aller en friperie pour trouver un chemisier seventies, de ressortir votre lecteur de vinyles ? C’est l’occasion !


Créateurs-créatrices : Plongez-nous dans l’univers de votre enfance ! Par un dessin, un collage, par une création textile rétro, en cuisinant ce plat oublié, en utilisant les couleurs d’une vieille photo à reproduire dans une assiette, une peinture, en proposant un avant-après photographique.


Ma démarche : j’ai retrouvé cette vieille photo de ma sœur et moi. Ca m’a donné envie de travailler les textures de tissus au crayon. J’ai donc choisi de la réinterpréter, de la reproduire en étant juste attentive aux plis du tissu, sans soucis de réalisme ou de fidélité. Un super exercice, assez difficile, mais que je compte bien réitérer.



Il existe bien sûr mille autres possibilités pour créer en s'inspirant de notre enfance !


J’espère que ces quelques pistes vous donneront simplement l’envie de mettre un brin de folie et de fraîcheur dans votre quotidien, à votre rythme, selon votre emploi du temps, votre humeur du moment.


J’aimerais également vous inviter à partager, en commentaire de cet article, vos expériences de jeunesse, vos vieilles photos, vos expérimentations, vos madeleines, vos créations, ou juste un petit mot pour me raconter ce que vous inspire la thématique de l’enfance.


Ne me reste qu’à vous souhaiter un joyeux mois d’avril, un joli petit printemps plein de créativité, et à en savourer chaque jour… comme un gosse !


On se retrouve le 10 mai pour d’autres blabla !



Hélène




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